|
Samedi 31 juillet
|
|
|
|
|
Wuza.com > Articles > Détail
|
 |
|
Transporter son parachute en avion
Publié le 19/06/2005 par Chan (12186 hits)
|
 Version imprimable
|
|
|
Transport de parachutes en avion
Il est très courant que l'on veuille sauter à l'étranger, et donc que l'on ai besoin transporter son parachute avec soi dans un avion de ligne. Par la nature même de l'objet en question, cela soulève beaucoup de problèmes et d'interrogations.
Un parachute sportif individuel neuf coûte entre 4000 et 6000 euros TTC. Pour un parachute biplace (tandem) c'est presque le double. On entend par là un parachute moderne complet composé notamment d'un sac-harnais, d'une voile principale, d'une voile de secours, et d'un déclencheur de sécurité (AAD, pour Automatic Activation Device) le plus souvent à cutter pyrotechnique (Cypres ou Vigil).
Voici les quatre problèmes que pose le transport de cet objet :
- sa valeur élevée fait que, du fait de l'absence d'assurance de transport spécifique sur les lignes de transport de passagers, on hésite à s'exposer au risque d'un transport en soute, et donc à un perte ou un endommagement potentiel du bagage. Après tout le parachute nous sauve la vie à chaque saut, il est normal que l'on veuille conserver un oeil dessus surtout quand on sait le soin dont font preuve les bagagistes et le personnel de sécurité. Parallèlement, les risques de perte sont loin d'être négligeables (3% d'incidents bagage sur certaines plate-forme hexagonales) et s'accroissent avec le nombre d'escales. Il y a pléthore de témoignages à ce sujet (cf. le forum)...
- le personnel, du fait de son ignorance, peut être amené à s'interroger sur une possible utilisation en vol du parachute, avec les conséquences que cela implique. De plus, la présence de pièces métalliques visibles aux rayons X (notamment le ressort de l'extracteur de secours) peut être considérée comme dangereuse.
- le cutter pyrotechnique du déclencheur, bien que dûment certifié pour le transport aérien (documents à l'appui) et parfaitement étanche, peut se trouver sur les listes "noires" de certaines autorités, notamment suite au 11 septembre.
- un parachute peut être lourd et encombrant, et donc inadapté au transport en cabine.
La réglementation
Les assurances
Dans le cas d'une perte ou d'un endommagement de bagage, les textes prévoient un remboursement au kilogramme qui est sans commune mesure avec la valeur réelle d'un parachute. Il ne faut donc pas compter dessus. On peut éventuellement se renseigner auprès de la compagnie pour voir s'il existe un système de valeur déclarée (mais c'est peu probable). Reste donc la solution d'un transporteur privé, avec la lourdeur et les coûts que cela implique.
Les autorisations
L'autorisation ou non d'emporter un bagage en soute ou en cabine est de la responsabilité de plusieurs autorités. Dans le désordre :
- la Direction de la Sûreté (DS) de l'aéroport
- les sociétés privées agissant sous l'autorité de la DS
- la DGAC
- la compagnie aérienne
- le Commandant de Bord
Au niveau de la DS d'ADP (Aéroports de Paris, regroupant Roissy, Orly et Le Bourget) il n'existe aucun texte à propos des parachutes ou de leur déclencheur. Il peut cependant y avoir des exceptions ponctuelles en fonction de la compagnie de sûreté concernée, ou bien des demandes de certaines compagnies aériennes.
Concernant la DGAC, il n'existe aucun texte à propos des parachutes sportifs, en revanche il en existe un à propos du CYPRES et du VIGIL(voir plus bas).
En dernier lieu, le Commandant de Bord est seul maître à bord et peut vous autoriser ou vous refuser le transport du parachute en soute ou en cabine. Vous pouvez éventuellement lui en confier la garde (c'est d'usage pour des objets de valeur) pour la durée du vol.
Les déclencheurs (AAD)
Les cutters pyrotechniques des déclencheurs de sécurité (CYPRES et plus récemment VIGIL) sont dûment certifiés auprès de toutes les autorités. Ils ne sont pas considérés comme marchandise dangereuse. Ils sont cependant livrés avec des informations textuelles et visuelles (image rayons X) à destination des personnels de sûreté. En l'absence d'autres textes, rien ne s'oppose donc à leur transport en soute ou en cabine.
- CYPRES US DOT
- CYPRES Manual
- CYPRES Xray
- VIGIL US DOT
- VIGIL BE DOT
- VIGIL Xray
- VIGIL
Les vols depuis les USA
Un texte de la TSA datant d'octobre 2003 stipule que les parachutes sportifs avec ou sans AAD sont autorisés en soute et en cabine. Ce texte donne aussi des conseils à propos de la manière de transporter le parachute.
- TSA : autorisation (depuis leur site)
- USPA : précautions
Les vols depuis la France
Un texte de la DGAC datant de mars 2002 stipule que les déclencheurs CYPRES ne sont pas considérés comme dangereux. Paradoxalement, ce même texte indique cependant qu'on ne peut les transporter que incorporé au parachute et entreposé en soute.
- DGAC : autorisation CYPRES
- DGAC : autorisation VIGIL (2005)
Les compagnies aériennes
D'après les témoignages, les compagnies qui posent le plus de problèmes sont Air France et Iberia. Selon un Commandant de Bord d'Air France (avril 2005), seuls les parachutes sans déclencheur pyrotechnique sont autorisés en soute (et dans tous les cas interdits en cabine) (à confirmer). Il s'agit autrement dit d'une interdiction pure et simple car en France les parachutes sportifs sans AAD sont interdits d'emploi, et la DGAC interdit le transport séparé d'un AAD (voir plus haut). Heureusement, dans les faits et sauf exception (voir les témoignages) la présence de l'AAD n'influe pas sur le transport en soute (à partir du moment où on ne va pas chercher la petite bête en déclarant l'objet lors de la prise en charge).
Les précautions
La méthode de transport la plus courante est donc de tenter le passage en cabine. En cas de blocage, conserver son amabilité et son sang froid, et demander à parler à un responsable. Dans 90% des cas ça se passe bien. A de rares exceptions près (une parachutiste cette année a du revenir en train, ayant été refoulée par le CdB lors de l'embarquement à Toulouse en direction de Paris) vous pourrez basculer sur un transport en soute en cas d'interdiction en cabine. L'avantage est que le bagage va normalement passer en soute par la passerelle et qu'il a donc plus de chances de se retrouver effectivement à bord.
En cabine
- munissez-vous de tous les textes officiels, en français ou en anglais
- munissez-vous des documents du fabricant du déclencheur (docs et carte Xray)
- vérifiez que le déclencheur est éteint
- faites un noeud avec la sangle de poitrine autour de votre poignée de réserve
- attachez vos cuissardes sans les laisser pendre
- enfoncez le hackey-sack (poignée) entièrement dans la pochette du hand-deploy
- emballez le parachute dans un sac souple le plus petit possible, et sans rien mettre d'autre dans le sac
- arrivez au contrôle bien en avance afin de pouvoir basculer éventuellement sur le transport en soute
En soute
- munissez-vous de tous les textes officiels, en français ou en anglais
- munissez-vous des documents du fabricant du déclencheur (docs et carte Xray)
- vérifiez que le déclencheur est éteint
- faites un noeud avec la sangle de poitrine autour de votre poignée de réserve
- attachez vos cuissardes sans les laisser pendre
- enfoncez le hackey-sack (poignée) entièrement dans la pochette du hand-deploy
- emballez le parachute dans un sac waterproof, puis dans une valise dure et solide rembourrée avec des vêtements
- accrochez solidement la carte Xray à la valise, de manière visible
- ne mettez pas d'autres objets métallique (gilet de plomb, ...) dans la même valise
- évitez les cadenas (trop tentant pour les voleurs et les personnels de sûreté), préférez les valises avec verrou intégré
- arrivez en avance afin de parer à toute éventualité
- demandez à l'embarquement l'étiquette "DERNIER BAGAGE" (ou eventuellement "PRIORITAIRE"). Si cette méthode est d'usage, l'avion ne décollera pas tant que ce bagage ne sera pas en soute (ERRATUM : on me dit dans l'oreillette qu'au contraire ce dernier bagage risque de rester au sol en cas de retard au chargement. Effectivement, sur certaines compagnies la consigne est de ne pas retarder le décollage pour quelques bagages restés au sol).
L'avenir
On voit donc qu'il y a un certain flou réglementaire en dehors des USA. Ces derniers l'ont comblé grâce à une négociation entre l'USPA (équivalent FFP) et la TSA (équivalent DGAC).
En France, si l'on ne tient compte que des textes officiels, les parachutes avec déclencheur sont autorisés uniquement en soute, sauf chez Air France où le déclencheur est interdit dans tous les cas (à confirmer). Vu que Air France est une compagnie majeure, il est donc officiellement très difficile de voyager avec son parachute.
Pour bien faire, il faudrait que notre fédération prenne ce problème à bras le corps et agisse auprès des autorités compétente (DGAC, aéroports et compagnies aériennes françaises) afin de mettre en place une réglementation du même type que l'américaine : autorisation de transport des parachutes avec ou sans déclencheur pyrotechnique, en soute et en cabine.
Les témoignages
11 février 2004
Pour notre séjour cette année à cinq par Air Iberia sur deux vols différents :
Sur un premier vol, un bagage est resté à Orly et n'est arrivé que le lendemain.
Sur le deuxième vol, trois valises étaient mouillées (alors qu'il ne pleuvait pas ce jour là) dont deux contenaient un parachute. Par chance, seuls les vêtements à l'intérieur étaient mouillés (protéger le parachute dans un plastique n'est peut-être pas inutile). Pratiquement tous les bagages de ce vol étaient mouillés.
21 novembre 2004
Perso en janvier dernier [le parachute] a voyagé en soute pour un Paris-LA, no problem, vol sans escale, les potes qui partaient avec plusieurs escales pour faire Lyon-LA ont perdu leurs bagages. Deux jours d'attente des bagages.
21 novembre 2004
Depuis que j'ai mon piège, c'est à dire un peu plus d'un an, je me balade en avion avec le matos sur le dos. J'ai faits plusieurs A/R Suisse/Finlande sans problème, des escales à Amsterdam, Copenhague ou Stockholm, etc..
Le seul endroit ou on m'a posé gros "soucis" c'est à Charles de Gaulle.
Devant ma détermination ils m'ont avoué que si le pilote acceptait mon parachute en cabine ils ne pouvaient pas le refuser. J'ai donc demandé à ce que le pilote soit consulté. J'avais tout mes papiers de para sportif avec moi, licence internationale aussi. Je n'en ai pas eu besoin, le pilote a accepté tout de suite.
La partie "explosive" du Cypres n'a jamais posé de problème. On ne m'a jamais fait aucune remarque dessus.
Bref, c'est mon outil de survie à chaque saut donc je ne le lâche pas des yeux et quand il voyage, c'est avec moi.
Je sais que c'est un peu exagéré mais imaginez que le harnais pour une raison X ou Y soit détérioré pendant le transport, de façon non discernable lors d'une vérification, et qu'il y ait accident ? Je ne suis pas sûr que la compagnie aérienne soit forcément prête à prendre le risque...
A Genève une fois ils m'ont un peu tracassé à l'enregistrement. J'acceptais de laisser partir mon matériel en soute seulement si je pouvais prendre une assurance pour celui-ci. Mais pas de possibilité d'assurer un équipement sportif de 5000€ en soute. Ne pouvant m'assurer le matériel ils ont capitulé et m'ont autorisé à monter dans l'avion avec et une surcharge de bagage de 8kg.
22 novembre 2004
Pour ceux qui arrivent à faire passer leur parachute en cabine, je suis assez surprise (toujours au départ de Paris). Ca nous a été refusé deux fois et sur une de ces deux fois, le Commandant de bord était pourtant d'accord mais la sécurité non. Résultat, soute. Vous avez plus de chance que nous visiblement
22 novembre 2004
Je les déjà pris au départ de CDG en cabine, je le mets simplement dans un sac de voyage juste au dimension de mon sac et je demande surtout rien à l'embarquement. Mais c'est clair que çà doit être plus facile avec mon Atom000, qu'avec un gros sac.
J'ai déjà posté à ce sujet sur un copain qui au retour de Casablanca il y a 2 ans a perdu un de ses deux sacs de voyage, par chance c'était les fringues et non le parachute.
23 novembre 2004
J'ai fait plusieurs aller/retour vers le Maroc au départ de Paris et Bruxelles et au retour d'Agadir et de Casablanca. Toujours pris le parachute avec moi dans un sac de sport de "petite" dimension.
Je n'ai rien dis à l'enregistrement, on ne m'a rien demandé non plus.
Si, une fois le douanier marocain m'a demandé si je voulais voir la tête d'un parachute au rayon X. Très intéressant.
29 décembre 2004
En fait nous avons passé des centaines de pièges sans problème avec tous nos stages aux US, et puis [un de nous] s'est fait retirer le sien sur une correspondance à Atlanta (il me semble) cette année ! (avec retrait obligatoire du piège sous 8 jours à Atlanta -sinon destruction- alors qu'il accompagnait le 8 France et restait 15 jours à Eloy avec eux). Ca dépend énormément de qui contrôle et s'il est informé.
13 janvier 2005
Voilà jeudi dernier à l'aéroport de Toulouse-Blagnac, de retour d'Empuria, je devais prendre un avion Air France pour rentrer sur Panam. Mon piège était avec moi en bagage à main.
Je passe l'enregistrement: aucun problème ni le poids, ni la taille n'est excessive.
Je passe aux rayons X, trois fois quand même histoire que les agents soient rassurés, et c'est OK aussi.
Au moment d'embarquer, une hôtesse au sol accompagnée d'un policier me demande de patienter car elle doit informer le commandant de bord de, je cite: " bagage suspect".
Je vous passe les autres détails... Bref au bout de 25 bonnes minutes de suspicion, le commandant de bord descend de son avion, et après avoir appelé Air France à Paris, il m'interdit de monter à bord de son avion me disant que c'est trop suspect, que même en soute il ne veut pas prendre de risque, qu'il ne comprend pas bien comment ça marche etc... Et que je n'aurai pas dû leur dire que c'était un parachute (et ce malgré tous les papiers en règle et même la carte du Cypres).
Bref voilà, et malgré l'humour du policier "c'est quand même mieux d'avoir un parachute qu'un gilet de sauvetage" il m'a gentiment reconduite en dehors de la zone d'embarquement et je suis rentrée sur Paris en train avec en poche une lettre d'Air France disant "passagère en possession d'un parachute non conforme au transport aérien, refusée par le CDB".
24 mars 2005
Moi je permet étant donné que nous revenons mon partenaire et moi d'Eloy ou les contrôles vont bon train de te dire la chose suivante : tu ne perds rien a essayer de le monter en cabine nous on y est allé avec le piège en bagage a main et a la douane ou nous a demandé ce que c'était nous leur avons expliqué la valeur et ce que cela représentait pour nous et nous sommes passés. Ceci dit, si cela ne passe pas tu en as derrière pour 10 min a l'enregistrer.
25 mars 2005
Lufthansa hier... Soute car avion trop charge et bagage cabine un poil trop lourd... Demandez l'étiquette "prioritaire", ma valise était la première à sortir de la soute.
28 mars 2005
Aéroport Francfort aujourd'hui. Compagnie Lufthansa.
Pas de soucis pour le piège en cabine, même pas une remarque au contrôle de sécurité.
21 avril 2005
Finalement on était partis sur l'idée de le mettre dans le sac de transport le plus petit possible et de le prendre en cabine, vu que ça rentrait dans leur gabarit (55x35x16 cm truc dans le genre!). On avait le mini à dos en plus, bon ok, ça fait deux bagages à main, mais à voir des nanas avec le vanity, le sac à main, un sac plein de cartouches de clopes duty free et plus encore, on se dit ça va passer. A l'enregistrement pas de problème, rayon X pas de problème, aller Luxembourg-Lillo sans même une remarque sur ce qu'on transporte.
Retour Madrid-Barajas-Luxembourg hier: petit guichet Luxair coincé entre des dizaines de guichet Iberia, les deux hôtesses trouvent nos sacs de transport trop gros et trop lourds, ne cherchent pas à savoir ce qu il y a dedans. Apres dix minutes d'explications comme quoi c'est cher, fragile, qu'à l'aller on l'avait avec nous et que c'est conforme aux consignes de Luxair : conclusion : "eh beh non, l'avion il est plein, c'est trop gros c'est trop lourd ça fait 8kg (j'avais sous-estimé ma ch'tite springo)". En gros elles n'y connaissaient strictement rien, même pas les limites de poids ou de taille que n'importe qui peut lire sur le site Internet de luxair. Elles nous mettent de force l'étiquette "Delivery at aircraft", qui en plus tombera toute seule avant qu'on arrive à l'embarquement. C'est un signe!!! Une fois devant l'avion tout le monde était agglutiné autour de 3 VIP qui venaient d'arriver, on est montés avec nos pièges, à eux deux ils faisaient nettement moins des 27kg autorisés par compartiment, ce que les deux quetsch ignoraient aussi, et on ne nous a plus rien dit.
Moi qui pensais être emmerdée à cause du Cypres, on m'a juste pris la tête parce que mon parachute est trop gros....suis vexée...
23 avril 2005
Départ d'Orly : "Non, les parachutes ne sont plus autorisés, et non, le commandant de bord ne décide rien, c'est nous, aux rayons X qui décidons de si oui ou non ça passe." => piège en soute...
Retour : la nana n'a même pas fait gaffe à ce qui passait devant ses yeux...
Ressources
- FFP (Fédération Française de Parachutisme)
- USPA (United States Parachute Association)
- DGAC (Direction Générale de l'Aviation Civile)
- TSA (Transportation Security Administration)
- UCCEGA (Union des Chambres de Commerce et Établissements Gestionnaires d'Aéroport)
- Airtec (CYPRES)
- Advanced Aerospace Designs (VIGIL)
|
|
|
|
| |
|